Institut Ramon LLull

Deuxième partie de la deuxième édition du séminaire interuniversitaire autour de la littérature catalane et la cryptogynie

Connaissance.  En ligne, 21/03/2022

Après un premier séminaire en ligne de littérature catalane organisé en 2021 par des chercheurs et chercheuses des universités Aix-Marseille Université, Université Paris 8, Universitat de Perpinyà Via Domícia et Université de Toulouse Jean Jaurès sur le thème de la (non) médiatisation des dispositifs littéraires des femmes dans l’historiographie sur le patrimoine culturel catalan et un prolongement dans un deuxième volet commencé en novembre dernier intitulé « De la cryptogynie à la médiatisation des écrivaines : Felícia Fuster et Carmelina Sánchez-Cutillas » dont l’objectif est de mettre en lumière par des approches complémentaires les œuvres littéraires de ces deux écrivaines restées dans l’ombre de leur vivant et récemment (re)découvertes. La deuxième partie commence fin mars et se prolonge jusqu’au 13 avril.




Cette manifestation est organisée par les laboratoires CRESEMUPVD (Axe « Langages et identités »), LER-UP8 (Axe « Créations: historicités, transferts et transgressions dans les pays de langue romane »), LLA-CREATIS-UT2J (Axe « Hispanité et contemporanéité ») et ReSO-UPVM (Axe « La littérature et ses frontières : normes, hybridations et migrations poétiques ») – et le groupe de recherche GETLIHC de l’Universitat de Vic-Universitat Central de Catalunya (UVic-UCC) (Axe « Gènere i estudis històrics, literaris i socials »).

Cette initiative est un exemple de la vitalité et de l’intérêt transversal des études catalanes proposées depuis des établissements distants mais reliés à travers la Xarxa Llull, le réseau d’études catalanes soutenu par l’Institut Ramon Llull à travers le monde. Grâce à la retransmission en vidéoconférence, les séances seront accessibles à toutes les personnes intéressées par la thématique : https://univ-paris8.zoom.us/j/91976218511?pwd=ZXFkQjBJc1JEaDY2V3hMK3ZRcFc0Zz09#success

La première partie de ce séminaire a eu lieu en novembre 2021 et la deuxième partie se fera sur trois dates :

29 mars 2022- 17h30

Estrella Massip i Graupera (Aix-Marseille Université) : « El jo poètic de Felícia Fuster »

Begonya Pozo Sánchez (Universitat de València) : « Del silenci a la reivindicació: aproximació a la recepció de la poesia de Carmelina Sánchez-Cutillas »

6 avril 2022- 17h30

Brigitte Lepinette (Universitat de València) : « Carmelina Sánchez-Cutillas en français »

Marc Audí (Université Bordeaux Montaigne) : « Traduir Felícia Fuster »

13 avril 2022- 17h30

Estel Aguilar Miró (Université Via Domitia) et Fabrice Corrons (Université Toulouse Jean Jaurès). Conclusion suivie d’un débat.

Les écrivaines Felícia Fuster et Carmelina Sánchez-Cutillas ont été choisies en raison de la commémoration du centenaire de leur naissance.

Felícia Fuster (Barcelona, 1921 - Paris, 2012) a été écrivaine, peintre et traductrice. L’une des voix les plus singulières de la littérature catalane contemporaine par sa profondeur, le croisement de traditions et d’influences. Aussi par son irruption tardive dans la littérature, à plus de 60 ans, et par le fait d’écrire en catalan depuis Paris, où elle s’était installée dans les années 50. Femme à fort caractère se définissant elle-même comme femme « faber », l’anhèle de liberté préside sa vie tout comme son œuvre littéraire et pictural.
Fuster écrit depuis l’introspection existentielle, avec une grande exigence et en ayant recours à l’expérimentation formelle, tout en restant accessible à tous et engagée socialement. Dans le domaine de l’expérimentation, elle s’inscrit dans l’avant-garde mais aussi dans une certaine tradition japonaise présente dans la littérature catalane depuis les années 20 du XXe siècle.
La publication de son premier recueil de poèmes : Una cançó per a ningú i trenta diàlegs inútils (1984, finaliste du prix Carles Riba), quand Felícia avait 63 ans, fut une révélation. En 1987, elle a publié deux recueils : Aquelles cordes del vent et I encara (prix Vicent Andrés Estellés), qui forment avec le livre précédent une trilogie basée sur la même utilisation du monologue et de la poésie autobiographique et confessionnelle. Versió original (1996) est une méditation longue, profonde et lyrique sur la guerre des Balkans, tandis que Sorra del temps absent (1998, finaliste du prix Màrius Torres) rompt avec sa précédente poétique pour approfondir dans le domaine de l'expérimentalisme. Sa dernière publication Postals no escrites (2001) raconte un voyage au Japon et un hommage à la culture orientale, dans le style des haïkus de Basho. Une anthologie de ses poèmes, traduits par Marc Audí, a été publiée en version bilingue français-catalan par Éditions Trabucaire en 2018 sous le titre de Cordages du vent. Parmi ses traductions sont spécialement marquants le volume Poesia japonesa contemporània (1988) et L’Œuvre au noir (1984) de Marguerite Yourcenar.

Carmelina Sánchez-Cutillas, née à Madrid en 1921, passe son enfance à Altea, sous l’influence de son grand-père, l’historien Francesc Martínez i Martínez, qui marque profondément sa vie intellectuelle ultérieure. Elle suit des études de philosophie et de lettres à l’Université de Valence et rejoint ensuite le journal Levante où écrit sur des sujets historiques et littéraires. Ces articles sont à l’origine de plusieurs études sur l'histoire et la littérature médiévale, à la fois en espagnol et en catalan, comme Don Jaime el Conquistador en Alicante (1957), Lletres closes de Pere el Cerimoniós endreçades al Consell de València (1967) et Jaume Gassull, poeta satíric valencià del s. XV (1971).

En dehors du domaine académique, elle cultive principalement la poésie et devient l'une des figures de la génération poétique des années 50, avec Valls, Matilde Llòria, Maria Ibars, Vicent Andrés Estellés o Maria Beneyto entre autres. Elle est l’auteure d’El llamp i la sageta dels records et A la reverent e honrada Sor Francina de Bellpuig, monja professa al convent de la Puritat cara cosina nostra (1981), où elle replonge dans l’histoire littéraire à travers l’artifice du manuscrit trouvée.

Cependant elle connait le grand succès avec le roman Matèria de Bretanya (1976), où elle aborde le passé, l’enfance et les souvenirs depuis une perspective mythologique frappante ; thèmes qu’elle reprend dans son recueil le plus ambitieux Els jeroglífics i la pedra de Rosetta (1976), après avoir cultivé la poésie réaliste dans Un món rebel (1967) et Conjugació en primera persona (1969). En 1980 elle publie son dernier recueil : Llibre d’amic e amada ; enfin en 1997 son œuvre poétique a été publiée dans son intégralité.

Avant son décès en 2009 elle a été reconnue « Valencienne de l’année » en 2008 par la fondation Huguet et a été membre honoraire de l’AELC (Association des écrivains en langue catalane). Depuis, sa reconnaissance ne cesse de s’accroitre et les hommages se succèdent.

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